Reçu le 23 septembre par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, le Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication maintient la pression. Malgré un soutien affiché de l’exécutif, l’organisation exige des excuses publiques du ministre Alamine Ousmane Mey et l’annulation des poursuites contre les quatre journalistes récemment libérés sous caution, confirmant le boycott total des activités du MINEPAT.
Le torchon brûle toujours entre la presse camerounaise et une frange de l’exécutif. Au lendemain de la libération sous caution des quatre journalistes pris dans la tourmente de l’affaire dite des « lunettes d’Alamine Ousmane Mey », ce duel institutionnel prend une tournure politique majeure.
Reçue le 23 septembre 2026 par le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, la délégation du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication (SPIC), emmenée par des figures de premier plan comme Tonga Valgadine et Eb Elle Denise, a posé ses conditions sans ambages. En présence du secrétaire général du ministère, Félix Zogo, et de représentants du REPAC, le syndicat a dénoncé avec force la « déshumanisation » et l’humiliation subies par ses membres durant leur interpellation et leur détention.
Un point d’alerte particulier a été soulevé concernant l’état de santé des confrères concernés. Un premier bilan médical, notamment pour le journaliste François Essomba, préconise ainsi 21 jours d’observation en raison du choc subi. Face à ces violations de procédure documentées, René Emmanuel Sadi a exprimé de profonds regrets et promis d’intervenir rapidement pour obtenir le classement définitif de la procédure ouverte au Commissariat central numéro 1 de Yaoundé.
Cependant, les engagements verbaux du porte-parole du gouvernement ne suffisent pas à apaiser la colère de la corporation. Dans un communiqué officiel signé par le président national du SPIC, Thierry Eba, le syndicat pose des exigences précises, réclamant des excuses publiques de la part du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, adressées aux quatre professionnels et à l’ensemble de la corporation. L’organisation exige également une réparation formelle des préjudices subis ainsi que l’extinction pure et simple des poursuites judiciaires encore pendantes.
Dans l’attente d’actes concrets matérialisant la volonté gouvernementale, le mot d’ordre de boycott de toutes les activités et couvertures médiatiques liées au MINEPAT reste rigoureusement d’application. Au-delà du sort réservé à ces reporters, ce bras de fer pose avec acuité la question des garanties démocratiques accordées aux acteurs des médias dans l’exercice de leur mission de service public au Cameroun, ouvrant une période d’incertitude sur le dialogue entre l’État et la presse.
<small>Source: 237actu — read the original story there.</small>