Incarcéré à Kondengui pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’État, Johann Sitchom est au cœur d’un scandale ébranlant le Palais d’Etoudi. L’affaire des faux décrets déposés à la CRTV le 12 juin dernier met en lumière une guerre de succession féroce au sommet de l’État, mobilisant le SED et le Tribunal criminel spécial autour de redoutables complicités internes.
La République retient son souffle. Derrière les murs de la prison principale de Kondengui, l’affaire dite du « faux décret » prend des proportions institutionnelles majeures, révélant au grand jour les tensions feutrées qui secouent le sérail camerounais.
Tout commence le 12 juin dernier, lorsque Johann Sitchom dépose à la Cameroon Radio Television (CRTV) un pli fermé contenant deux faux décrets présidentiels d’une précision troublante. Ces documents annoncent tour à tour un remaniement ministériel et la nomination inédite d’un vice-président de la République. Face à la gravité de l’acte, le pouvoir de Yaoundé brandit l’arsenal lourd de la sécurité d’État, qualifiant l’infraction de complot avec l’extérieur, signe que l’incident est traité comme une véritable tentative de déstabilisation institutionnelle.
L’énigme des complicités internes et des failles sécuritaires
Pour les enquêteurs du Secrétariat d’État à la Défense (SED), une certitude absolue s’impose : le suspect principal n’a pas pu agir seul. La fabrication d’un tel document requérait des accès hautement protégés aux attributs les plus sécurisés de la Présidence de la République.
L’enquête s’oriente ainsi vers l’identification des techniciens et des intermédiaires au cœur de la machine administrative, capables de reproduire à l’identique les matrices numériques, les sceaux officiels et les signatures imitées pour tromper les médias d’État.
Le sérail sous tension et la guerre des clans
Au-delà de l’aspect purement policier, ce scandale met à nu la guerre de succession féroce qui fait rage au sommet de l’État. Les investigations ont en effet mené aux auditions de hautes personnalités, à l’instar d’Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de la Présidence, par le Tribunal criminel spécial (TCS) et la sécurité présidentielle.
Alors que les proches de ce dernier dénoncent une cabale, les observateurs avisés y voient un nouvel épisode de l’affrontement direct entre son clan et celui de Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la Présidence. Véritable ballon d’essai ou piège politique redoutable, ce faux décret expose la fragilité des équilibres à Etoudi à l’approche des grandes échéances politiques.
Entre calculs politiciens et rigueur des procédures, l’affaire Sitchom dépasse le simple fait divers pour s’imposer comme le symptôme d’une transition sous haute tension. Reste désormais à savoir si la lumière sera faite sur les véritables architectes de cette ténébreuse machination institutionnelle.
<small>Source: 237actu — read the original story there.</small>